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Analyse de cycle de vie et éco-conception, des moyens de production plus durables

L’analyse du cycle de vie est un moyen d’évaluation global et multicritère de l’impact environnemental de différents produits, services ou organisations. L’objectif premier de cette méthode, est de pouvoir mesurer, pour pouvoir comparer les impacts environnementaux  de l’ensemble des étapes nécessaires à la fabrication du produit ou à la prestation du service.  Ces étapes concernent l’extraction des matières premières, la fabrication, la logistique, la distribution, l’utilisation, la fin de vie et la valorisation des déchets.

L’éco-conception quant à elle est une démarche qui consiste à concevoir un produit ou un service de la manière la plus respectueuse de l’environnement possible. Elle intervient généralement après l’ACV, puisqu’il est nécessaire de savoir quelles sont les étapes qui polluent le plus dans tout le processus de fabrication. Une fois les étapes les plus polluantes identifiées il est plus facile de travailler sur l’amélioration de la performance environnementale du procédé.

 

 

Ces deux notions fonctionnent donc de pair et l’éco-conception se nourrit des résultats fournis par l’analyse du cycle de vie.

C’est dans les années 1970 que les premiers travaux théoriques apparaissent sur l’’ACV. Mais il a fallu attendre les années 1990 pour voir se développer les premières méthodes d’évaluation telles que nous les connaissons aujourd’hui. Longtemps critiquées, ces méthodes sont aujourd’hui normalisées au niveau international et se démocratisent de plus en plus (série de la norme ISO 14 040).

 

Quel est l’intérêt de mettre en œuvre ces méthodes ?

 

Chaque début d’année se réunit à Davos (Suisse) le Forum Économique Mondial. Cet évènement qui réunit des chefs d’entreprises, des responsables politique, des intellectuels et des journalistes a pour objectif d’échanger sur les problématiques les plus urgentes à l’échelle mondiale. Et pour la première fois depuis la création de ce forum (1971), le risque économique majeur qui ressort est la non adaptation aux changements climatiques.  Il apparaît donc essentiel de mettre en place des processus de transition des modèles économiques actuels. L’analyse de cycle vie et l’éco-conception rentre donc totalement dans ces outils qui aident à la transition de nos modèles actuels.

En effet, la mise en place de ces méthodes par les entreprises, permet d’avoir une vision globale et un contrôle important sur l’impact environnemental de l’activité de l’entreprise.  Les intérêts qu’il y a à développer ces méthodes en interne sont assez nombreux :

  1. Permet d’avoir une vision globale par produit ou/et par services permettant de connaître et de contrôler au mieux son impact environnemental ;
  2. Permet d’anticiper au mieux les mutations politiques. Les réformes politiques vont dans le sens de l’environnement, et incitent les entreprises à s’engager pour un avenir plus durable, ces outils permettent donc de prendre de l’avance et de pouvoir s’adapter plus vite en cas de changement radical.
  3. Permet d’être source d’innovation et d’engager une démarche créative au sein même de l’entreprise.
  4. Permet de créer une opportunité commerciale en se différenciant. Les attentes des consommateurs sont croissantes au niveau de l’impact environnemental et il semble donc important d’adapter son business model pour continuer à attirer les consommateurs.
  5. Permet de créer une opportunité de communication. En initiant des changements de processus en interne, des possibilités de communiquer et de prendre une position de leader dans la conduite du changement du secteur concerné se créent.

Il semble donc indéniable que la mise en place d’ACV ou d’éco-conception au niveau d’un produit ou d’une organisation, apporte un large nombre d’avantage permettant de se différencier, d’innover et par conséquent de pérenniser le business model de l’entreprise.

Une étude datant de 2014, menée par l’ADEME, rapporte que pour 96% des cas interrogés, l’éco-conception avait un impact économique neutre ou positif. Les avantages à enclencher une telle démarche sont donc d’ordre économique, éthique et par conséquent stratégique. 

 

 

Quelques exemples d’ACV et d’Éco-Conception

 

L’entreprise Lafuma, qui développe une stratégie RSE très poussée, a mis en place le principe d’éco-conception pour un grand nombre de ses produits. C’est le cas notamment des sacs randonnée. Lafuma a repensé entièrement la conception de ses sacs pour faire en sorte qu’ils soient plus respectueux de l’environnement. Dans les faits ils produisent plus de sacs avec une même quantité de matières premières (1 sac de plus tous les 10 sacs fabriqués). Ils sont conçus de manière à ce que les matériaux d’un sac jeté puissent être réutilisé pour la fabrication d’autres sacs. Cette mesure entraîne donc une réduction des coûts de matières premières, une réduction de la génération de déchets et enfin une opportunité commerciale importante puisqu’ils répondent à un besoin croissant.  

Autre exemple, concernant cette fois-ci l’analyse du cycle de vie d’une bouteille en plastique. L’étude montre que la phase la plus polluante de la fabrication vient de la production des trois matières premières plastique qui représentent 56% de l’empreinte total. La seconde étape qui pollue le plus, 36% de l’empreinte totale, est la transformation en produit fini qui est une étape très énergivore. On voit bien ici l’intérêt de l’ACV, qui vous donne une photographie à un instant T de l’impact environnemental de votre produit. L’Éco-Conception arrive ensuite en appui pour trouver des solutions moins polluantes à la fabrication de ces produits.